NON, l'existence de ChatGPT n’est pas souhaitable

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Le déploiement massif des IA est-il souhaitable ? Pouvons-nous nous le permettre ?

Le raisonnement techno-critique nous pousse à toujours réfléchir collectivement aux besoins réels, aux solutions, et aux conséquences de chaque déploiement technologique massif. Sans oublier de questionner les valeurs portées par ses concepteurs. Nous devrions également pouvoir, selon les résultats, soit encadrer leur déploiement, soit le réorienter et parfois purement le stopper.

Nous avons appliqué ce raisonnement à la question du déploiement des IA génératives chez Commown et pour nous, un boycott s’impose.

Pourquoi Commown boycotte les IA*, en bref

Parce que derrière les IA, il y a un projet politique

Les IA génératives sont la solution ultime d’élites milliardaires techno-fascistes et suprémacistes pour repousser toutes les limites, qu’elles soient environnementales ou biologiques, jusqu’à la mort elle-même

Pour atteindre ces objectifs, une course a été lancée pour le déploiement d’IA super-intelligentes, supérieures à l’humanité au caractère presque divin, et selon ses instigateurs, leur avènement serait inévitable. Ne vous y trompez pas, ce caractère « inéluctable » est une illusion utile qui, selon Hubert Guillaud, permet aux technocrates d’« engloutir des centaines de milliards de dollars » dans leur projet d’IA générale et de « détourner nombre d’investissements de technologies plus immédiates capables de changer dès à présent la vie des gens ».

Cette fin justifie à leurs yeux tous les moyens… fin des libertés individuelles, suicides assistés, étiolement de notre démocratie, militarisation de leur technologie, peu importe.

Oui, ça ressemble à un épisode de Black Mirror et c’est bien le problème

Parce que les finalités non avouées de ce projet sont dangereuses

Les objectifs qui se cachent derrière cette technologie sont tristement banals : accentuer les inégalités de richesse, conserver ses privilèges d’élites, et asservir les populations.

Pour ce faire, elles ont dû construire un récit technosolutioniste**, pour convaincre les investisseurs, les banques et les états du monde entier d’injecter des milliers de milliards de dollars dans ce projet. C’est ainsi qu’apparaissent des centaines de data centers, peu importe si les projets d’IA ne sont pour l’instant pas rentables (article en anglais)

Ces élites ne voient les individus que par le prisme des données qu’ils génèrent, aspirées par les agents IA et autres solutions « intelligentes » pour alimenter le capitalisme de surveillance.

Parce que nous n’avons pas vraiment besoin d’IA

Pour nous pousser nous, individus-entreprises-services publics, à utiliser leur technologie, les patrons de la tech doivent nécessairement créer des besoins artificiels, pour lesquels les IA sont présentées comme LA solution. Elles sont donc déployées partout, simulent un comportement humain et créent une dépendance par l’utilisation répétée, et diminuent le niveau d’esprit critique des personnes qui y ont recours.

Parce que c’est une catastrophe économique et sociale

Dans l’équation, nous devons ajouter les conséquences catastrophiques sur les questions sociales :

Sur les conditions de travail

Le déploiement massif d’IA génératives est permis par l’exploitation de travailleurs du clic sous-payés. Il contribue à dégrader les conditions de travail au point de créer des risques psychosociaux chez les personnes contraintes de les utiliser, en les dépossédant de leur savoir-faire et en accentuant la fréquence et la quantité de micro-tâches automatisées. Tout ceci permet au passage la surveillance voire le licenciement automatique des salariés comme chez Amazon. Cette recette bien connue du capitalisme est ici simplement modernisée sous une forme de taylorisme numérique***.

Sur la souveraineté numérique

Au lieu de nous permettre d’atteindre un état de « souveraineté numérique », l’investissement massif des puissances étrangères, comme Microsoft qui a injecté 4 milliards d’euros pour déployer des centres de données sur le territoire français, constitue plutôt une source d’asservissement supplémentaire.

Sur la manipulation des données

L’entraînement d’IA génératives repose sur une quantité astronomique de données volées (textes, images, musiques, voix…), sans considération pour les droits d’auteur. Ces données sont régulièrement exploitées à des fins de désinformation et de manipulation, notamment en période électorale.

Parce que c’est une aberration environnementale

Contrairement à ce qui est annoncé, les IA génératives ne vont pas résoudre les problèmes environnementaux mais les empirer.

Sur l’empreinte carbone

Pour faire tourner les data centers qui hébergent les données exploitées par les IA génératives et fournir des modèles d’IA toujours plus performants, les processeurs sont remplacés prématurément, au profit de processeur toujours plus puissants. Or, la grande majorité de l’impact carbone du numérique réside dans la phase de fabrication des terminaux et des data centers. Microsoft a même reconnu l’explosion en 2023 de son empreinte carbone liée au développement des IA.

Sur la consommation énergétique

Bien que la consommation énergétique réelle soit difficile à estimer, l’essor de l’IA au niveau mondial pourrait entraîner d’ici 2030 un doublement de la consommation d’énergie finale des data centers. Cela entraverait la décarbonation de notre mix énergétique, puisqu’on estime que dans le monde, les data centers seraient alimentés par du charbon à hauteur de 30%.

Sur la consommation d’eau

Pour refroidir les data centers, une grande quantité d’eau douce est accaparée dans les régions où se trouvent les serveurs (le plus souvent branchés sur les réseaux d’eau potable). Les conflits d’usage de l’eau douce dans le monde sont déjà d’actualité, comme au Chili. La France ne sera pas épargnée : Météo France prévoit un déficit de 2 milliards de mètres cubes d’eau en 2050, à condition que la demande reste stable. Cependant, les dernières annonces du gouvernement ne nous rassurent pas en ce sens, et le déficit risque d’être pire encore.

Parce qu’elles nous mènent à notre perte

De nombreuses études indiquent que le pire est à craindre aux niveaux démocratique et cognitif et que la réalité risque de dépasser la fiction. L’utilisation quotidienne des IA génératives contribue par exemple à diminuer le niveau d’esprit critique des personnes qui les utilisent (article en anglais). C’est d’autant plus préoccupant qu’une étude de la BBC de 2025 montrait que la moitié des réponses fournies par les IA génératives sur l’actualité n’était pas fiable. D’autres études ont par ailleurs démontré que les IA génératives avaient tendance à aller dans le sens des utilisateurs et utilisatrices, incitant peu à la remise en question des résultats.

Imaginons que les médecins perdent progressivement leurs compétences en implémentant les IA dans leur utilisation professionnelle, que se passera-t-il alors lorsque se posera la question des ressources sur l’alimentation des IA ou bien que les géants de la tech multiplieront le coût des abonnements par 600% ?

Et pour d’autres raisons encore

Cet article n’est pas exhaustif. Renseignez-vous régulièrement sur le sujet, car s’informer permet de se protéger.

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Pour en savoir plus sur le sujet, lisez l’article de forum complet.

Notes

* Nous avons bien conscience qu’il existe différents types d’IA et que, sur le plan purement « technique », il ne faudrait pas toutes les mettre dans le même sac. Le problème ici, c’est que le flou autour de cet acronyme est utilisé par les promoteurs d’IA génératives pour dire que l’IA est une technologie qui va apporter énormément sur des usages précis comme la santé ou la gestion du trafic routier (alors que dans ces cas précis ne sont pas forcément utilisées des IA dites génératives). De fait, il convient donc soit de ne plus utiliser l’acronyme IA pour les usages « utiles », soit de parler d’IA au sens large.

** Le technosolutionnisme est une idéologie selon laquelle la technologie résoudrait à elle seule les problèmes et maux de l’humanité. Source : Wikipédia.

*** Le taylorisme est une forme d’organisation du travail visant à obtenir un rendement maximum et produire « de la meilleure manière », c’est-à-dire selon son instigateur principal : décomposer le processus de production d’un bien en une suite de tâches simples confiées chacune à un ouvrier spécialisé. Source : Wikipédia.

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